Prix de l’assurance habitation : combien coûte votre logement selon sa surface

Écart entre la prime moyenne du parc français, 323 €, et le tarif du marché, 200 €

L’essentiel à retenir : la prime moyenne d’une assurance habitation s’établit à 323 € HT par an, selon les données 2025 publiées par France Assureurs le 24 juillet 2026. Derrière cette moyenne, l’écart réel va de 97 € pour un studio de moins de 20 m² occupé par un locataire à 599 € pour une maison de plus de 200 m² en propriété. Trois variables expliquent l’essentiel de la facture : la surface habitable, le statut d’occupant et la région.

Le prix de l’assurance habitation a augmenté de 7,8 % en un an, alors que le nombre de sinistres reculait de 9,1 %. Cette divergence entre la cotisation et la sinistralité rend la question du tarif juste plus concrète qu’elle ne l’a jamais été. Cet article détaille ce que coûte réellement une multirisque habitation selon la taille du logement, le statut de son occupant et sa localisation, à partir des grilles publiées par France Assureurs et par les comparateurs. Un simulateur permet ensuite de situer votre propre logement dans ces fourchettes.

Quel est le prix moyen d’une assurance habitation en 2026 ?

La prime moyenne officielle atteint 323 € par an

France Assureurs, la fédération professionnelle du secteur, a publié le 24 juillet 2026 son étude statistique « L’assurance habitation en 2025 ». Elle porte sur l’intégralité du parc français, soit 46,3 millions de contrats multirisque habitation.

La prime moyenne s’y établit à 323 € hors taxes, en hausse de 7,8 % sur un an. Cette moyenne recouvre deux réalités très différentes selon que le logement est occupé ou non :

  • Contrats occupants (résidence principale ou logement loué occupé) : 351 € par an, +7,9 %
  • Contrats non occupants (logement vacant, propriétaire non occupant) : 191 € par an, +8,1 %

Sur la même période, les assureurs ont indemnisé 4,2 millions de sinistres pour une charge totale de 7,9 milliards d’euros. Les dégâts des eaux représentent 39 % des sinistres mais seulement 25,9 % de la charge financière ; les incendies, moins fréquents, en concentrent 28,7 %, en progression de 10,8 %. Les événements climatiques — tempête, grêle, neige — pèsent 16,2 % de la charge, avec la plus forte hausse du panel : +22,1 %.

Un chiffre mérite l’attention : le ratio sinistres sur primes descend à 52,8 %, contre 58,5 % en 2024. Autrement dit, les cotisations ont progressé plus vite que la charge réelle des sinistres. Deux postes expliquent ce recul : la charge catastrophes naturelles s’effondre de 53,5 % et celle des dégâts des eaux baisse de 13,4 %. L’année 2025 a donc été climatiquement clémente sur le front des inondations et des sécheresses, sans que les primes en tiennent compte.

Pourquoi les comparateurs affichent 200 € et pas 323 €

Cherchez le prix d’une assurance habitation sur un comparateur et vous lirez une moyenne autour de 200 €. Meilleurtaux relève 200,59 €, sur des tarifs collectés de janvier à septembre 2025. LesFurets, sur un panel d’environ 700 000 tarifs mensuels, relève 203 € et un tarif plancher à 122 € par an.

L’écart avec les 323 € de France Assureurs atteint plus de 120 € par an, soit environ 60 %. Il ne traduit pas une erreur de mesure, mais une différence de périmètre qu’il faut comprendre :

SourceCe qu’elle mesureMontant
France AssureursLe parc réel : 46,3 millions de contrats en cours, dont beaucoup souscrits il y a dix ou vingt ans et révisés chaque année à la hausse323 €
ComparateursLes tarifs proposés à un nouveau client au moment du devis, c’est-à-dire les offres d’acquisition, les plus compétitives du marché, sur les seuls profils qui utilisent ces outils≈ 200 €

Cet écart mesure donc, en pratique, ce que coûte un contrat que l’on n’a jamais renégocié. Depuis la loi Hamon du 17 mars 2014, codifiée à l’article L113-15-2 du Code des assurances, un contrat d’assurance habitation peut être résilié à tout moment passé un an d’engagement, sans frais ni justificatif. La résiliation prend effet un mois après réception de la demande par l’assureur, qui doit rembourser au prorata la cotisation non courue. Un assuré qui conserve le même contrat depuis quinze ans sans jamais le remettre en concurrence paie structurellement le tarif du parc, pas celui du marché.

Une précision de méthode s’impose sur ces deux familles de chiffres. Les 323 € de France Assureurs proviennent d’un relevé exhaustif du parc assuré. Les moyennes des comparateurs sont issues des restitutions de leurs propres outils : elles décrivent les profils qui viennent y chercher un devis, pas la population assurée française. Les deux sont exactes dans leur périmètre, aucune ne le résume à elle seule.

Le prix de l’assurance habitation selon la surface du logement

La surface habitable est le premier critère de tarification, devant le nombre de pièces et l’année de construction. Les grilles ci-dessous proviennent des restitutions du comparateur Meilleurtaux, sur des données collectées de janvier à septembre 2025.

Tarifs par surface pour un appartement

Surface habitableLocatairePropriétaire occupantPropriétaire non occupant
Moins de 20 m² (studio)97 €148 €117 €
20 à 39 m²111 €157 €122 €
40 à 59 m²131 €169 €128 €
60 à 79 m²154 €194 €139 €
80 m² et plus177 €226 €159 €

Un enseignement se dégage : sur un appartement, la surface pèse moins lourd que le statut d’occupant. Passer d’un studio à un 80 m² fait grimper la prime d’un locataire de 97 à 177 €, soit +82 %. Mais à surface identique, passer de locataire à propriétaire occupant coûte à lui seul entre 28 et 53 € supplémentaires. La raison tient au périmètre couvert : le propriétaire assure aussi le bâti, le locataire seulement les risques locatifs et son mobilier.

Tarifs par surface pour une maison

Prix de l'assurance habitation selon la surface du logement, du studio à la maison de 200 m²
Surface habitablePropriétaire occupantPropriétaire non occupant
60 à 79 m²272 €263 €
80 à 99 m²314 €281 €
100 à 149 m²374 €323 €
150 à 199 m²468 €398 €
200 m² et plus599 €504 €

Attention à la lecture de ces tranches. Les 374 € affichés pour la tranche 100 à 149 m² sont une moyenne de tranche, pas le tarif d’une maison de 100 m². Une maison de 100 m² se situe au bas de sa tranche, autour de 330 €, tandis qu’une maison de 145 m² se rapproche des 410 €. C’est précisément ce que le simulateur plus bas calcule au mètre carré près.

L’écart maison / appartement est structurel. Une maison individuelle de 100 m² coûte à peu près deux fois plus cher à assurer qu’un appartement de même surface : elle présente plusieurs façades exposées, un accès de plain-pied qui augmente le risque de cambriolage, une toiture directement soumise aux aléas climatiques et, le plus souvent, des dépendances. Sur l’ensemble du parc, les comparateurs relèvent une moyenne de 146 € pour un appartement contre 301 € pour une maison.

Combien de pièces déclarer à votre assureur

Après la surface, le nombre de pièces principales est la donnée que les assureurs demandent systématiquement. Une déclaration inexacte sur ce point suffit à réduire une indemnisation, il vaut donc mieux savoir compter.

Dans l’usage dominant du marché, une pièce principale est une pièce de vie d’une superficie supérieure à 9 m² : séjour, salon, chambres, bureau, salle à manger. AXA ajoute un critère de hauteur sous plafond supérieure à 1,80 m. N’entrent pas dans le compte la cuisine, la salle de bain, les WC, l’entrée, les couloirs, le cellier, la buanderie, le garage, la cave ni les combles non aménagés.

Ce seuil de 9 m² n’est pas une norme légale. AXA précise explicitement que cette définition n’est pas la même chez tous les assureurs et renvoie aux conditions générales du contrat. Vérifiez donc la définition retenue par le vôtre avant de remplir un formulaire.

Trois cas reviennent constamment et méritent cette vérification, car les pratiques divergent réellement :

  • Les grandes pièces comptent double. Le seuil varie selon l’assureur : LesFurets retient 30 m², la Matmut applique 40 m² pour deux pièces et 80 m² pour trois. Un séjour ouvert de 45 m² est donc rarement déclaré comme une pièce unique.
  • Les combles aménagés : dès lors qu’ils sont chauffés, accessibles par un escalier fixe et dépassent le seuil de surface, ils comptent comme pièce principale et doivent être déclarés.
  • La véranda : elle est intégrée au décompte si elle est chauffée et fermée. Certains assureurs, la Matmut par exemple, la comptent pour une pièce quelle que soit sa surface.

Estimez le prix de votre assurance habitation

Le simulateur ci-dessous croise la surface, le nombre de pièces, le statut d’occupant, la région et le niveau de garanties pour situer votre logement dans les grilles présentées plus haut. Il affiche une fourchette annuelle, l’équivalent mensuel, et l’écart avec la prime moyenne du parc français.

Cette estimation reste une fourchette indicative, construite sur des moyennes de marché. Elle ne prend en compte ni votre adresse exacte — qui détermine l’exposition au cambriolage et aux catastrophes naturelles à l’échelle de la commune —, ni l’année de construction du bâtiment, ni votre historique de sinistres. Ces trois paramètres pèsent lourd dans le calcul final d’un assureur.

Pour convertir cette fourchette en tarif ferme, l’étape suivante consiste à réaliser une simulation assurance habitation directement chez un assureur : le formulaire reprend les mêmes critères, en y ajoutant votre adresse et vos antécédents, et restitue une prime réellement souscriptible. Préparez en amont la surface exacte, le nombre de pièces principales selon les règles ci-dessus et une estimation honnête de la valeur de votre mobilier — la section suivante explique pourquoi ce dernier point est décisif.

Simulateur LPDR

Estimez le prix de votre assurance habitation

Renseignez les caractéristiques de votre logement pour obtenir une fourchette de prime annuelle, calculée à partir des grilles tarifaires 2025 du comparateur Meilleurtaux et des données 2025 de France Assureurs.

1. Votre logement
Type de logement
10 m²300 m²

Une pièce principale est une pièce de vie de plus de 9 m². Cuisine, salle de bain, WC, cellier, garage et cave n’entrent pas dans le compte.

* Provence-Alpes-Côte d’Azur ne figure pas dans le relevé régional publié par Meilleurtaux : la valeur retenue est celle de l’Occitanie, région au profil de risque comparable.

2. Votre statut et vos garanties
Caractéristiques du logement

Les autres facteurs qui font varier votre prime

Votre statut d'occupant fixe le socle du contrat

Le statut détermine à la fois ce que la loi vous impose et ce que le contrat couvre. Les moyennes 2025 relevées par Meilleurtaux montrent l'ampleur de l'écart :

StatutAppartementMaison
Locataire136 €212 €
Propriétaire occupant199 €375 €
Propriétaire non occupant131 €302 €

Le locataire d'une résidence principale a une obligation légale d'assurance, posée au g) de l'article 7 de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989, dans sa version en vigueur depuis le 15 juin 2025. Le texte lui impose « de s'assurer contre les risques dont il doit répondre en sa qualité de locataire et d'en justifier lors de la remise des clés puis, chaque année, à la demande du bailleur ». Ce dernier membre de phrase est souvent mal lu : l'attestation annuelle n'est due que si le bailleur la réclame, elle n'a pas à être envoyée spontanément.

Cette obligation est aussi plus étroite qu'on ne le croit. Selon la fiche pratique de la DGCCRF, la garantie « risques locatifs » couvre les dommages causés au logement loué par un incendie, une explosion ou un dégât des eaux. La responsabilité civile vie privée, le vol et les dommages aux biens personnels du locataire n'entrent pas dans ce périmètre — ils relèvent d'une multirisque habitation, vivement recommandée mais facultative. Un locataire assuré au strict minimum légal ne sera pas indemnisé si son propre mobilier part en fumée.

Le fondement de cette responsabilité se trouve dans le Code civil : l'article 1732 rend le locataire responsable des dégradations survenues pendant la location, tandis que l'article 1733 pose une présomption de responsabilité en cas d'incendie, dont il ne se libère qu'en prouvant un cas fortuit, un vice de construction ou une propagation venue d'un immeuble voisin. Le triptyque incendie, explosion et dégât des eaux relève ensuite de la pratique contractuelle du marché de l'assurance, pas d'une définition légale figée.

Votre région pèse jusqu'à 28 % d'écart

Meilleurtaux publie les cinq régions les moins chères et les cinq plus chères de son relevé. Entre les deux extrémités, l'écart atteint 51 € par an, soit 28 %, à profil identique.

Les 5 régions les moins chèresPrimeLes 5 régions les plus chèresPrime
Corse182 €Nouvelle-Aquitaine233 €
Bretagne184 €Occitanie216 €
Pays de la Loire189 €Hauts-de-France214 €
Grand Est197 €Bourgogne-Franche-Comté213 €
Normandie197 €Centre-Val de Loire204 €

Les régions absentes de ces deux extraits se situent au milieu du classement, autour de la moyenne nationale : l'Île-de-France à 200 € et l'Auvergne-Rhône-Alpes à 202 €. Contrairement à une idée reçue tenace, la région parisienne ne figure donc pas parmi les plus chères de France en assurance habitation.

Deux facteurs expliquent cette géographie : l'exposition climatique, qui pénalise les façades atlantique et méditerranéenne soumises aux tempêtes, aux inondations et à la sécheresse des sols argileux, et la densité urbaine, qui augmente la fréquence des cambriolages et des actes de vandalisme. La progression de 22,1 % de la charge tempête, grêle et neige constatée par France Assureurs sur un an laisse peu de doute sur la direction que prendront ces écarts régionaux.

Le niveau de garanties et la franchise

À logement identique, l'écart entre une formule essentielle et une formule tous risques dépasse couramment 40 %. Les postes qui font la différence sont peu nombreux mais coûteux : le vol et le vandalisme, le bris de glace, la garantie relogement en cas de sinistre rendant le logement inhabitable, la protection juridique et la couverture des objets de valeur au-delà du plafond standard.

La franchise est le levier le plus direct sur la cotisation, et le plus mal utilisé. Relever la franchise de 150 à 500 € allège la prime, mais transforme chaque petit sinistre en dépense intégralement à votre charge. L'arbitrage n'a de sens que si vous disposez d'une épargne de précaution capable d'absorber la franchise sans difficulté.

Ce que vos travaux de rénovation changent sur votre prime

Une rénovation modifie le risque assuré, donc le tarif. Les grilles par surface permettent de chiffrer précisément ce que coûte chaque type de chantier sur la cotisation annuelle.

Une extension fait changer de tranche. C'est l'effet le plus lourd et le plus prévisible. Une maison de 95 m² agrandie de 20 m² passe de la tranche 80-99 m² à la tranche 100-149 m² : la prime moyenne d'un propriétaire occupant grimpe de 314 à 374 €, soit 60 € par an. Le même raisonnement vaut pour l'aménagement de combles ou la transformation d'un garage en pièce de vie, qui augmentent la surface habitable déclarée sans toucher à l'emprise au sol.

Une piscine ou des panneaux photovoltaïques ajoutent un bien à couvrir. Ces équipements ne relèvent pas automatiquement du contrat existant. Une piscine enterrée doit être déclarée pour être couverte contre le gel, la tempête ou la chute d'arbre ; une installation photovoltaïque, souvent valorisée à plusieurs milliers d'euros, doit figurer explicitement au contrat, faute de quoi elle ne sera pas indemnisée après une grêle.

Les équipements de sécurité, eux, font baisser la prime. Une alarme reliée à un centre de télésurveillance, des volets renforcés ou une serrure certifiée A2P réduisent la probabilité de cambriolage, et la plupart des assureurs répercutent cette baisse de risque. L'ordre de grandeur habituel se situe autour de 5 %, et certains contrats conditionnent même la garantie vol à la présence d'une serrure de ce type.

Ces travaux ne sont pas seulement un sujet tarifaire : ils déclenchent une obligation de déclaration à votre assureur, et l'omission expose à une réduction d'indemnité. Nous détaillons cette procédure, les délais légaux et les sanctions dans notre guide dédié à la déclaration des travaux à son assureur.

Sous-estimer la valeur de vos biens coûte plus cher qu'une prime élevée

Chercher à faire baisser sa prime en déclarant un capital mobilier inférieur à la réalité est l'erreur la plus coûteuse en assurance habitation. Elle n'a rien d'anecdotique : elle est sanctionnée par un mécanisme précis du Code des assurances.

L'article L121-5 du Code des assurances dispose que « s'il résulte des estimations que la valeur de la chose assurée excède au jour du sinistre la somme garantie, l'assuré est considéré comme restant son propre assureur pour l'excédent, et supporte, en conséquence, une part proportionnelle du dommage, sauf convention contraire ». C'est la règle proportionnelle de capitaux. Elle s'applique sans que l'assureur ait à démontrer une mauvaise foi de votre part : le seul écart entre le capital déclaré et la valeur réelle suffit.

Deux précisions comptent dans ce texte. D'abord, la valeur retenue est celle constatée au jour du sinistre, et non au jour de la souscription : un capital correctement estimé il y a huit ans peut être devenu insuffisant sans que vous ayez rien fait. Ensuite, la mention « sauf convention contraire » signifie que cette règle est supplétive : certains contrats l'écartent expressément, par une clause dite de renonciation à la règle proportionnelle. Vérifiez ce point dans vos conditions générales, c'est l'une des rares clauses qui change tout en cas de sinistre.

Ne confondez pas ce mécanisme avec la règle proportionnelle de prime de l'article L113-9, qui sanctionne une déclaration inexacte du risque lui-même — une surface ou un nombre de pièces sous-déclaré, par exemple. Celle-là, contrairement à la règle de capitaux, est d'ordre public.

LA RÈGLE PROPORTIONNELLE DE CAPITAUX EN UN CALCUL

Formule : Indemnité versée = Montant du dommage × (Somme garantie ÷ Valeur réelle des biens)

Exemple concret — vous avez déclaré un capital mobilier de 50 000 €, alors que vos biens en valent réellement 80 000 €. Un incendie détruit pour 30 000 € de mobilier.

30 000 × (50 000 ÷ 80 000) = 18 750 €

Vous percevez 18 750 € au lieu de 30 000 €. 11 250 € restent à votre charge, alors que le sinistre était bien couvert et que vous aviez payé vos cotisations. Vous étiez assuré à 62,5 %, vous êtes indemnisé à 62,5 %.

Sur cet exemple, l'économie réalisée sur la prime en déclarant 50 000 € plutôt que 80 000 € se compte en quelques dizaines d'euros par an. La perte au premier sinistre sérieux se compte en milliers.

Comment évaluer votre capital mobilier

Deux choses sont ici régulièrement confondues, et la confusion coûte cher. Le capital mobilier déclaré est un plafond d'indemnisation, que vous fixez à la souscription. Le mode d'indemnisation est une clause du contrat, qui détermine comment l'assureur calcule le chèque après un sinistre. Ce sont deux paramètres distincts.

Trois modes d'indemnisation coexistent sur le marché :

  • Valeur à neuf : remplacement au prix du neuf sans déduction de vétusté, le plus souvent dans une limite contractuelle — la MAIF, par exemple, indemnise intégralement tant que la vétusté n'excède pas 33 %.
  • Valeur d'usage ou valeur vénale : valeur du bien au jour du sinistre, vétusté déduite, sur la base du marché de l'occasion.
  • Vétusté déduite : indemnisation minorée d'un coefficient de dépréciation, de l'ordre de 10 % par an sur le mobilier et de 20 à 25 % par an sur l'électronique.

Pour estimer le capital à déclarer, la méthode la plus sûre reste de raisonner en valeur de remplacement à neuf : elle garantit un plafond suffisant, quelle que soit la clause d'indemnisation retenue. Certains assureurs demandent plutôt le prix d'achat initial, d'autres proposent un forfait calculé sur la surface et le nombre de pièces. Dans tous les cas, procédez pièce par pièce en listant l'électroménager, le mobilier, l'équipement multimédia, l'outillage et les vêtements.

Deux réflexes rendent cet inventaire exploitable le jour du sinistre : photographier chaque pièce et les objets de valeur, et conserver les factures dans un stockage distant, accessible même si le logement est inhabitable. Un inventaire rangé dans un tiroir de la maison qui a brûlé ne sert à rien.

Cet inventaire doit être réévalué après chaque achat important : une cuisine équipée, un système de chauffage, du matériel professionnel installé à domicile. C'est aussi le moment de vérifier les plafonds spécifiques du contrat, notamment celui applicable aux bijoux et objets précieux, souvent très inférieur au capital mobilier global.

Trois leviers pour faire baisser sa prime sans se découvrir

Remettre son contrat en concurrence. C'est le levier le plus puissant, et l'écart de 120 € entre le parc et le marché le démontre. La loi Hamon autorise la résiliation à tout moment passé un an d'engagement, et le nouvel assureur se charge des formalités.

Ajuster les garanties à la réalité du logement. Une garantie piscine sur un appartement, une protection juridique déjà incluse dans une carte bancaire ou une assurance scolaire redondante avec la responsabilité civile familiale sont des postes payés pour rien.

Valoriser les équipements de sécurité déjà installés. Beaucoup d'assurés disposent d'une alarme ou d'une porte blindée sans l'avoir jamais signalé à leur assureur, et paient une prime calculée sur un risque supérieur au risque réel.

Ces arbitrages s'inscrivent dans une réflexion plus large sur le budget du foyer, que nous développons dans notre article consacré à la maîtrise des dépenses d'assurance du foyer.

Le prix de l'assurance habitation se lit donc sur deux niveaux. Le premier est mécanique : la surface, le type de logement, le statut d'occupant et la région déterminent une fourchette dont on ne sort pas. Le second relève de la décision : le niveau de garanties, la franchise, l'exactitude du capital mobilier déclaré et la fréquence à laquelle le contrat est remis en concurrence. C'est sur ce second niveau que se joue l'écart entre payer 200 € et payer 323 € pour une protection équivalente — et, en cas de sinistre, entre être indemnisé intégralement ou aux deux tiers.

Questions fréquentes sur le prix de l'assurance habitation

Quel est le prix moyen d'une assurance habitation pour une maison de 100 m² ?

Pour une maison de 100 m² occupée par son propriétaire, comptez entre 330 et 380 € par an. La grille Meilleurtaux affiche 374 € pour la tranche 100 à 149 m², mais il s'agit d'une moyenne de tranche : une maison de 100 m² se situe au bas de cette fourchette. En propriétaire non occupant, le tarif descend autour de 290 à 325 €. Ces montants varient ensuite de −9 % en Corse à +16 % en Nouvelle-Aquitaine, et augmentent avec la présence d'une piscine, de dépendances ou d'une installation photovoltaïque.

Combien coûte une assurance habitation pour un T2 ou un T3 ?

Un T2 de 40 à 50 m² revient à environ 131 € par an pour un locataire et 169 € pour un propriétaire occupant. Un T3 de 60 à 75 m² se situe autour de 154 € pour un locataire et 194 € pour un propriétaire occupant. En logement meublé, comptez environ 14 % de moins qu'en logement nu, le mobilier appartenant au bailleur. Ces tarifs correspondent à une formule multirisque standard, hors options.

Le prix de l'assurance habitation augmente-t-il en 2026 ?

Oui. France Assureurs relève une hausse de 7,8 % de la prime moyenne sur la dernière année observée, portant la moyenne à 323 € HT. Cette progression intervient alors que la fréquence des sinistres a reculé de 9,1 % et que le ratio sinistres sur primes est descendu de 58,5 % à 52,8 %, porté par une chute de 53,5 % de la charge catastrophes naturelles. La hausse s'explique donc davantage par l'augmentation du coût moyen des sinistres, +7,4 %, et par l'anticipation du risque climatique — la charge tempête, grêle et neige progresse de 22,1 % — que par une multiplication des dossiers.

Un locataire paie-t-il moins cher qu'un propriétaire ?

Oui, nettement. En appartement, un locataire paie en moyenne 136 € contre 199 € pour un propriétaire occupant ; en maison, 212 € contre 375 €. L'écart tient au périmètre couvert : le contrat du locataire porte sur les risques locatifs et son mobilier, celui du propriétaire occupant intègre en plus le bâti, c'est-à-dire la structure, la toiture et les installations fixes du logement.

Quelles pièces faut-il déclarer à son assureur ?

Dans l'usage dominant, seules les pièces principales de plus de 9 m² entrent dans le décompte : séjour, salon, chambres, bureau, salle à manger. La cuisine, la salle de bain, les WC, l'entrée, les couloirs, le cellier, la buanderie, le garage, la cave et les combles non aménagés en sont exclus. Ce seuil n'est toutefois pas une norme légale et varie d'un assureur à l'autre : consultez vos conditions générales. Trois cas demandent une vérification : une grande pièce compte double au-delà de 30 m² chez certains assureurs et de 40 m² chez d'autres, des combles aménagés et chauffés comptent comme pièce principale, et une véranda est intégrée si elle est chauffée et fermée — parfois quelle que soit sa surface.

Que se passe-t-il si je sous-évalue la valeur de mes biens ?

L'assureur applique la règle proportionnelle de capitaux, prévue à l'article L121-5 du Code des assurances. Votre indemnité est réduite dans la proportion exacte de la sous-déclaration, selon la formule : indemnité = dommage × (somme garantie ÷ valeur réelle). Avec un capital déclaré de 50 000 € pour des biens valant 80 000 €, un sinistre de 30 000 € n'est indemnisé qu'à hauteur de 18 750 €. La valeur retenue est celle constatée au jour du sinistre, et non à la souscription. Cette règle s'applique sans qu'une mauvaise foi ait à être démontrée, mais elle reste supplétive : la mention « sauf convention contraire » du texte permet à certains contrats de l'écarter. Vérifiez vos conditions générales.