🔍 En bref
- Définition : Un puits perdu pour eaux pluviales est un système souterrain permettant l’infiltration naturelle des eaux de pluie dans le sol
- Réglementation : Déclaration en mairie obligatoire, consultation du PLU et respect des distances minimales (5m des constructions, 3m des limites)
- Dimensionnement : Calculé selon la surface de toiture, la pluviométrie locale et la perméabilité du sol (diamètre minimum : 60 cm)
- Prix : Entre 1 000 € et 3 000 € pour une maison individuelle (matériaux + main-d’œuvre)
- Avantages : Recharge des nappes phréatiques, réduction des inondations, gestion écologique et économique
- Contraintes : Sol perméable indispensable (test Porchet recommandé), entretien régulier nécessaire
La gestion des eaux pluviales pour les particuliers représente aujourd’hui un enjeu environnemental majeur. Face à l’imperméabilisation croissante des sols et aux événements climatiques de plus en plus intenses, le puits perdu eau pluviale s’impose comme une solution écologique, économique et durable. Ce système d’infiltration permet de gérer les eaux de pluie directement à la source, en favorisant leur retour naturel dans le sol plutôt que leur rejet dans les réseaux publics saturés.
Qu’il s’agisse de construire un nouveau système ou de rénover une installation existante, ce guide vous accompagne dans toutes les étapes : de la vérification de la réglementation puits perdus eaux pluviales au dimensionnement puits perdu eaux pluviales, en passant par le choix des matériaux et l’estimation budgétaire. Vous découvrirez également comment faire un puits perdu pour eaux pluviales dans les règles de l’art, avec des conseils pratiques issus des dernières normes en vigueur.
Qu’est-ce qu’un puits perdu pour eaux pluviales ?
Définition et principe de fonctionnement
Un puits perdu (également appelé puits d’infiltration ou puits d’absorption) est un ouvrage souterrain conçu pour collecter et infiltrer progressivement les eaux pluviales dans le sol. Contrairement à un puisard qui évacue temporairement l’eau vers le réseau public, le puits perdu la restitue directement à l’environnement naturel.
Le principe repose sur un système de drainage souterrain : l’eau de pluie captée par les gouttières et descentes est acheminée vers une structure excavée remplie de matériaux drainants (graviers, pierres concassées, blocs alvéolaires). Le sol environnant absorbe ensuite progressivement cette eau grâce à sa perméabilité naturelle.

Les trois systèmes de gestion des eaux pluviales
| Type de système | Fonction principale | Avantages | Inconvénients |
|---|---|---|---|
| Puits perdu | Infiltration directe dans le sol | Simple, économique, pas de pompe nécessaire | Inefficace en cas de fortes pluies si sous-dimensionné, risque de pollution du sol |
| Puits d’infiltration | Recharge des nappes phréatiques | Régulation optimale, récupération possible pour usage domestique | Plus coûteux, nécessite terrain adapté et excellente étanchéité |
| Puisard | Collection temporaire avant évacuation vers réseau public | Accessible pour entretien, évite accumulation en surface | Encrassement rapide, nécessite pompe, entretien régulier contraignant |
Avantages environnementaux majeurs
Le puit perdu eau pluviale présente des bénéfices écologiques considérables :
- Recharge des nappes phréatiques : L’infiltration naturelle permet de compenser les prélèvements et maintenir le niveau des ressources souterraines
- Réduction du ruissellement : Jusqu’à 70% des eaux de pluie peuvent être gérées localement, soulageant les réseaux publics
- Prévention des inondations : En absorbant les pics de précipitation, le système limite les débordements et l’érosion
- Filtration naturelle : Le passage dans le sol et les matériaux drainants améliore la qualité de l’eau avant son retour dans le cycle hydrologique
- Économies sur la facture : Dans certaines communes, la gestion à la parcelle permet de réduire la redevance d’assainissement
💡 Bon à savoirUn puit perdu correctement dimensionné peut gérer jusqu’à 90% des événements pluvieux annuels, ne nécessitant un système de trop-plein que lors d’orages exceptionnels.
Réglementation puits perdus eaux pluviales : Ce qu’il faut absolument savoir
Le cadre légal en France
La réglementation puits perdus eaux pluviales n’est pas uniformisée au niveau national et varie selon les territoires. Toutefois, plusieurs obligations s’appliquent systématiquement :
Déclaration obligatoire en mairie : Tout ouvrage de prélèvement ou d’infiltration doit faire l’objet d’une déclaration au moins un mois avant le début des travaux. Il s’agit du formulaire 13837*03 « Déclaration d’ouvrage – prélèvements, puits et forages à usage domestique », accompagné d’un extrait cadastral ou d’un plan de localisation au 1/25000.
Consultation du Plan Local d’Urbanisme (PLU) : Ce document définit les zones où l’infiltration est autorisée, interdite ou soumise à conditions particulières. Certains secteurs sensibles (périmètres de captage d’eau potable, zones karstiques, secteurs inondables) peuvent faire l’objet de restrictions.
Déclaration aux exploitants de réseaux souterrains : Via le téléservice dédié, pour éviter tout risque de dommage pendant les travaux.
Pour les ouvrages de plus de 10 mètres de profondeur : Une déclaration supplémentaire à la DREAL (Direction Régionale de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement) est requise.
Distances réglementaires à respecter
Les règles locales varient, mais les distances minimales couramment appliquées sont :
- 35 mètres minimum du voisinage (habitations tierces)
- 5 mètres minimum de toute construction (fondations, murs)
- 3 mètres minimum des limites de propriété
- 3 mètres minimum des arbres et buissons (pour éviter l’endommagement par les racines)
- Distance variable des captages d’eau potable et puits existants (généralement entre 35 et 50 mètres)
⚠️ AttentionCes distances sont indicatives. Votre commune peut imposer des règles plus strictes via le PLU ou le règlement d’assainissement local.
Le rôle du SPANC et de la mairie
Le SPANC (Service Public d’Assainissement Non Collectif) contrôle principalement les installations d’assainissement des eaux usées. Pour les eaux pluviales, son rôle est consultatif : il peut vous orienter sur les bonnes pratiques mais c’est le service d’urbanisme de votre mairie qui délivre les autorisations.
Démarche recommandée :
- Consulter le PLU en mairie ou en ligne
- Se renseigner auprès du service urbanisme sur les contraintes locales
- Vérifier auprès du service de l’eau l’existence d’un règlement spécifique sur la gestion des eaux pluviales
- Déposer la déclaration d’ouvrage (formulaire 13837*03)
- Attendre le retour de la mairie (absence de réponse sous 1 mois = accord tacite)
Séparation stricte : eaux pluviales vs eaux usées
Point crucialIl est formellement interdit de rejeter des eaux usées domestiques (même traitées) dans un puits perdu ou un puisard. Cette interdiction concerne uniquement les effluents sanitaires (toilettes, cuisine, salle de bain).
En revanche, la gestion des eaux pluviales par infiltration dans un puits perdu est non seulement autorisée mais encouragée par les politiques publiques de gestion durable de l’eau. La confusion provient souvent du fait que les deux termes (puits perdu pour EU et pour EP) désignent des ouvrages différents régis par des réglementations distinctes.
Aides financières disponibles
Plusieurs dispositifs peuvent alléger le coût de votre projet :
- Taux de TVA réduit à 10% : Sur le matériel et l’installation, si votre résidence principale a plus de 2 ans
- Subventions des Agences de l’Eau : Certaines agences (Loire-Bretagne, Adour-Garonne, etc.) proposent des aides pour les particuliers engagés dans la gestion écologique des eaux pluviales
- Aides communales ou départementales : De nombreuses collectivités ont mis en place des primes pour encourager l’infiltration à la parcelle
- Crédit d’impôt : Dans certains cas, lorsque l’installation fait partie d’un projet global de rénovation énergétique
💡 AstuceContactez votre Agence de l’Eau régionale et votre mairie pour connaître les dispositifs applicables dans votre secteur.
Vous pouvez également bénéficier d’une installation de récupérateur d’eau de pluie complémentaire pour optimiser la gestion de vos eaux pluviales. Renseignez-vous aussi sur la taxe récupération eau de pluie pour anticiper les aspects fiscaux.
Dimensionnement puits perdu eaux pluviales : La méthode complète
Le dimensionnement puits perdu eaux pluviales est l’étape la plus technique mais aussi la plus cruciale pour garantir l’efficacité de votre installation. Un ouvrage sous-dimensionné déborde rapidement, tandis qu’un ouvrage surdimensionné représente un surcoût inutile.
Les paramètres à prendre en compte
1. La surface de collecte Il s’agit principalement de la surface de toiture raccordée au puits perdu. Pour un calcul précis, mesurez la surface projetée au sol (pas la surface réelle des rampants).
2. La pluviométrie locale On utilise généralement l’intensité d’un événement décennal (qui a une chance sur 10 de se produire chaque année). En France, cette valeur varie de 40 à 70 mm selon les régions :
- Nord et Est : 40-50 mm
- Centre et Ouest : 50-60 mm
- Sud et zones montagneuses : 60-70 mm
3. Le coefficient de ruissellement Il dépend du type de surface :
- Toiture imperméable : 0,90 à 0,95
- Surface minérale (allée, cour) : 0,70 à 0,85
- Surface semi-perméable : 0,40 à 0,60
4. La perméabilité du sol (K) C’est le facteur déterminant, exprimé en mm/h ou m/s :
- Sol sableux : K > 30 mm/h → Idéal
- Sol limoneux : K = 10-30 mm/h → Acceptable
- Sol argileux : K < 10 mm/h → Problématique
Le test de perméabilité Porchet
Avant tout projet, réaliser un test de perméabilité (ou test Porchet) est indispensable. Voici la procédure simplifiée :
- Creuser un trou de 30 cm de diamètre et 50 cm de profondeur
- Remplir d’eau et laisser s’infiltrer pendant 24h (préimbibition)
- Remplir à nouveau d’eau sur 40 cm
- Mesurer le temps nécessaire pour que le niveau baisse de 10 cm
- Calculer la vitesse d’infiltration : K (mm/h) = (100 mm / temps en heures)
Interprétation :
- K > 30 mm/h : Sol favorable, puits perdu viable
- K = 10-30 mm/h : Sol moyen, puits perdu possible avec dimensionnement adapté
- K < 10 mm/h : Sol défavorable, envisager une alternative (tranchée d’infiltration, noue de toiture, bassin)
Formule de dimensionnement simplifiée
La formuleVolume du puits perdu (m³) = (Surface toiture en m² × Pluviométrie en m × Coefficient de ruissellement) × 1,2
Le coefficient 1,2 correspond à une marge de sécurité de 20%.
Exemple pratique :
- Maison avec 100 m² de toiture
- Pluviométrie décennale : 50 mm (0,05 m)
- Sol limoneux, coefficient 0,85
- Volume nécessaire = (100 × 0,05 × 0,85) × 1,2 = 5,1 m³
Dimensions du puits perdu
Diamètre minimum réglementaire : 60 cm
Diamètre recommandé : En fonction du volume calculé
- Pour 3-5 m³ : Ø 80-100 cm
- Pour 5-8 m³ : Ø 100-120 cm
- Au-delà : Ø 120-150 cm
Profondeur : Généralement entre 2 et 4 mètres, selon :
- Le volume nécessaire
- La nature du sol (niveau de la couche perméable)
- La distance à la nappe phréatique (minimum 1 m au-dessus)
Zone d’épandage : La surface autour du puits doit représenter au minimum 10 fois la surface de toiture pour une infiltration optimale.
Simulateur de dimensionnement
Simulateur simplifié – Puits perdu (eaux pluviales)
Entrez votre surface de toiture et choisissez une région de pluie + votre type de toiture. Le calcul applique une marge de sécurité et suppose un ouvrage en blocs alvéolaires (SAUL).
Ce résultat est indicatif. Validez les distances aux fondations/limites et la faisabilité locale auprès de l’urbanisme (PLU). Séparez strictement eaux pluviales / eaux usées.
⚠️ Avertissement — Les résultats fournis par ce simulateur sont indicatifs.
- Distances : validez localement les reculs aux fondations, aux limites de propriété, aux arbres et aux captages auprès du service urbanisme (PLU).
- Trop-plein obligatoire : prévoyez un exutoire sécurisé (noue, fossé, bassin ou réseau selon prescriptions locales) pour les épisodes pluvieux exceptionnels.
- Séparation stricte EP/EU : n’acheminez jamais d’eaux usées (même traitées) vers un puits d’infiltration. Les eaux pluviales et les eaux usées doivent rester séparées.
Comment faire un puits perdu pour eaux pluviales : Guide d’installation pas à pas
Étape 1 : Évaluation et préparation du terrain
Avant de creuser, plusieurs vérifications s’imposent :
- Localiser les réseaux existants : Électricité, eau, gaz, télécommunications (obligation de déclaration DT-DICT)
- Choisir l’emplacement optimal :
- À distance réglementaire des bâtiments et limites
- En point bas ou à mi-pente pour faciliter l’écoulement gravitaire
- Loin des racines d’arbres
- Accessible pour l’entretien futur
- Vérifier la stabilité du sol : Éviter les zones récemment remblayées ou instables
- Prévoir les accès : Pour les engins de terrassement (mini-pelle recommandée)
Étape 2 : Terrassement et excavation
Sécurité avant tout : Tout trou de plus de 1,30 m de profondeur nécessite des étaiements pour prévenir les éboulements. Ne descendez jamais seul dans une fouille profonde.
- Marquer l’emplacement avec des piquets et de la peinture
- Creuser progressivement en respectant les dimensions calculées
- Évacuer les déblais : Comptez environ 8 à 12 m³ pour un puits standard
- Vérifier les parois : Elles doivent être droites et stables
Étape 3 : Installation de la structure
Option 1 : Buses en béton
- Empiler des buses (anneaux) de 80 à 150 cm de diamètre
- Hauteur unitaire : 50 cm à 1 m
- Jointoyer au mortier si nécessaire
- Avantage : Robustesse, longévité
- Inconvénient : Poids important, nécessite levage
Option 2 : Blocs alvéolaires (SAUL)
- Modules en plastique à assembler
- Volume utile : jusqu’à 95% (contre 30-40% pour buses + graviers)
- Légers et rapides à installer
- Avantage : Gain de place, installation DIY possible
- Inconvénient : Coût plus élevé, moins durable que le béton
Étape 4 : Mise en place des couches drainantes
Pour système avec buses béton :
- Fond : 10-15 cm de gros graviers (40/60 mm) pour le drainage
- Autour de la buse : Remplissage avec graviers ou pierres concassées (20/40 mm) sur 10 cm d’épaisseur minimum
- Géotextile anti-contaminant : Envelopper l’ensemble pour éviter la migration des fines et le colmatage
- Type 200-300 g/m²
- Remonter de 30 cm au-dessus du niveau supérieur
- Recouvrir généreusement (50 cm de chevauchement minimum)
- Couche de sable : 15-20 cm au-dessus du géotextile
- Remblai terre végétale : Jusqu’à la surface
Étape 5 : Raccordements et équipements
Arrivée des eaux pluviales :
- Tuyau PVC 100 mm minimum depuis les descentes de gouttière
- Pente de 1 à 2% pour l’écoulement gravitaire
- Entrée à mi-hauteur du puits (jamais au fond pour éviter l’affouillement)
Regard de décantation / pré-filtration (fortement recommandé) :
- Placé en amont du puits perdu
- Permet de retenir les feuilles, débris et sédiments grossiers
- Facilite l’entretien (curage annuel)
- Réduit considérablement les risques de colmatage
Trop-plein sécurisé (obligatoire) :
- Sortie à 80% de la hauteur utile du puits
- Évacuation vers une noue, un fossé ou (en dernier recours) le réseau public
- Diamètre 100 mm minimum
- Permet de gérer les événements exceptionnels sans débordement
Regard de visite :
- Couvercle étanche et sécurisé en surface
- Permet l’inspection et l’entretien
- Ventilation recommandée (évite les odeurs et favorise l’oxygénation)

Étape 6 : Finitions et remise en état
- Compacter progressivement chaque couche de remblai
- Restaurer la surface : Gazon, gravillons ou dallage selon l’usage
- Marquer l’emplacement : Pour faciliter les interventions futures
- Tester le système : Déverser de l’eau dans les gouttières et vérifier l’écoulement
Tableau récapitulatif des matériaux
| Matériau | Quantité (pour puits de 5 m³) | Prix unitaire estimé | Total |
|---|---|---|---|
| Buses béton Ø100 cm (h. 50 cm) | 6 unités | 80-120 € | 480-720 € |
| Graviers 20/40 mm | 3 m³ | 40-60 €/m³ | 120-180 € |
| Géotextile 200g/m² | 15 m² | 3-5 €/m² | 45-75 € |
| Tuyau PVC Ø100 mm | 10 m | 8-12 €/m | 80-120 € |
| Regard de décantation | 1 unité | 80-150 € | 80-150 € |
| Coude, raccords, colle | Divers | – | 50-100 € |
| Total matériaux | – | – | 855-1 345 € |
| Terrassement (mini-pelle + main d’œuvre) | 1-2 jours | – | 600-1 500 € |
| COÛT TOTAL | – | – | 1 455-2 845 € |
💡 Alternative économiquePour les bricoleurs confirmés avec un petit budget, l’utilisation de fûts alimentaires plastique perforés (200L) empilés peut réduire le coût des matériaux de 40-50%, bien que moins durable.
Prix d’un puits perdu pour eaux pluviales : Budget détaillé
Fourchettes de prix selon la configuration
Petite installation (3-5 m³) :
- Autoconstruction : 600-1 000 €
- Pose par professionnel : 1 500-2 500 €
Installation moyenne (5-8 m³) :
- Autoconstruction : 1 000-1 500 €
- Pose par professionnel : 2 500-4 000 €
Grande installation (8-12 m³) :
- Autoconstruction : 1 500-2 500 €
- Pose par professionnel : 4 000-6 500 €
Facteurs influençant le coût
- Nature du sol :
- Sol meuble (sableux) : Terrassement facile et rapide
- Sol rocheux : Nécessite brise-roche, coût × 2 à 3
- Profondeur de l’ouvrage :
- Moins de 3 m : Standard
- Plus de 3 m : Surcoût de 30-50% (sécurisation, temps)
- Accessibilité du terrain :
- Accès direct engin : Prix standard
- Accès difficile : Terrassement manuel, coût × 1,5 à 2
- Type de structure :
- Buses béton : Économique mais lourd
- SAUL/blocs alvéolaires : Plus cher (+30-40%) mais gain de volume
- Équipements complémentaires :
- Regard de décantation : +100-200 €
- Système de filtration avancé : +200-500 €
- Pompe de relevage (si besoin) : +300-800 €
Coût de l’étude préalable
Une étude de sol avec test Porchet réalisée par un bureau d’études coûte entre 300 et 800 €. Cet investissement est fortement recommandé pour :
- Valider la faisabilité du projet
- Dimensionner correctement l’ouvrage
- Éviter les malfaçons coûteuses
- Sécuriser votre investissement
Économies à long terme
Au-delà de l’investissement initial, le puits perdu génère des économies :
- Redevance d’assainissement : Réduction possible de 20-40% dans certaines communes
- Évitement de travaux de raccordement : Économie de 1 500-3 000 € si le réseau public est éloigné
- Valorisation du bien immobilier : Argument écologique apprécié à la revente
- Absence de pompe : Pas de consommation électrique contrairement à un système de relevage
Matériaux et équipements : Bien choisir pour durer
Comparatif des structures principales
Buses en béton :
- ✅ Très durables (50+ ans)
- ✅ Résistantes à la compression
- ✅ Économiques
- ✅ Disponibles partout
- ❌ Lourdes (nécessitent levage)
- ❌ Volume utile réduit (30-40% avec graviers)
- ❌ Installation plus longue
Blocs alvéolaires SAUL :
- ✅ Légers et modulables
- ✅ Volume utile maximal (90-95%)
- ✅ Installation rapide
- ✅ Possibilité d’extension future
- ❌ Plus coûteux (+30-50%)
- ❌ Durabilité inférieure (30-40 ans)
- ❌ Sensibles aux charges lourdes en surface
Buses plastique :
- ✅ Légères et anti-corrosion
- ✅ Faciles à manipuler
- ✅ Prix intermédiaire
- ❌ Moins durables que béton (25-35 ans)
- ❌ Déformation possible sous charge
- ❌ Sensibles aux UV (enterrement immédiat nécessaire)
Le géotextile : élément clé souvent négligé
Le géotextile anti-contaminant protège votre puits du colmatage prématuré. Critères de choix :
- Grammage : 200-300 g/m² minimum
- Perméabilité : > 50 L/m²/s
- Résistance à la perforation : > 2000 N
- Non-tissé : Meilleure filtration que tissé
- Imputrescible : Longévité garantie
⚠️ Erreur fréquenteUtiliser un géotextile de type « séparation » (pour allées) au lieu d’un géotextile « filtration ». Le premier laisse passer les fines, le second les retient.
Graviers et matériaux drainants
Granulométrie recommandée :
- Fond du puits : 40/60 mm (gros drainage)
- Autour des buses : 20/40 mm (drainage + filtration)
- Couche supérieure : Sable 0/4 mm (finition)
Quantité : Pour un puits de 5 m³ en buses béton, prévoir environ 3-4 m³ de graviers.
Type de matériaux :
- Graviers roulés (rivière) : Plus doux, meilleure circulation de l’eau
- Graviers concassés : Angles vifs, meilleur compactage
- ❌ Éviter : Calcaire tendre (se délite), matériaux terreux
Équipements de pré-filtration recommandés
- Panier décanteur / crapaudine : Retient feuilles et gros débris (nettoyage 2-3 fois/an)
- Séparateur à sable : Idéal si surface minérale (cour, allée) raccordée
- Filtre à cartouche : Pour eau très chargée (toiture près d’arbres)
- Siphon de sol avec décantation : Pour collecte en pied de mur
💡 Conseil proUn bon système de pré-filtration double la durée de vie de votre puits perdu en évitant le colmatage.
Entretien et durée de vie d’un puits perdu
Fréquence d’entretien recommandée
Tous les 6 mois :
- Inspection visuelle du regard de visite
- Vérification du niveau de décantation
- Nettoyage de la crapaudine/panier
Annuellement :
- Curage du regard de décantation
- Évacuation des sédiments accumulés
- Vérification des tuyaux d’arrivée
- Test de l’écoulement (déverser de l’eau)
Tous les 3-5 ans :
- Inspection approfondie de l’intérieur du puits (caméra si possible)
- Nettoyage haute pression si début de colmatage détecté
Tous les 10-15 ans :
- Curage complet du puits (professionnel recommandé)
- Vérification de l’intégrité structurelle
Signes d’alerte nécessitant une intervention
🔴 Intervention urgente nécessaire :
- Eau qui stagne plus de 24h après une pluie
- Débordement lors d’événements pluvieux modérés
- Odeurs nauséabondes émanant du regard
- Affaissement du sol autour du puits
- Remontées d’eau en surface
🟠 Surveillance accrue :
- Temps d’évacuation rallongé progressivement
- Présence de mousses ou dépôts visqueux
- Colonisation par des moustiques
- Végétation anormale (racines s’infiltrant)
Prix d’un entretien ou débouchage professionnel
- Inspection caméra : 150-300 €
- Curage simple (regard décantation) : 80-150 €
- Curage complet du puits : 300-600 €
- Débouchage haute pression : 200-400 €
- Réhabilitation complète (remplacement géotextile) : 800-1 500 €
💡 Bon à savoirUn entretien préventif régulier coûte 5 à 10 fois moins cher qu’une réhabilitation d’urgence.
Prolonger la durée de vie de votre installation
- Installer un pré-filtre de qualité : Réduit l’apport de particules fines de 80%
- Nettoyer régulièrement les gouttières : Évite l’accumulation de débris organiques
- Éviter les produits chimiques : Herbicides, détergents peuvent colmater ou polluer
- Tailler les arbres proches : Limite l’apport de feuilles et réduit le risque de racines envahissantes
- Documenter les interventions : Facilite le suivi et la détection des anomalies
Durée de vie moyenne :
- Structure béton : 50-80 ans
- Structure plastique : 30-50 ans
- Géotextile : 20-30 ans (remplacement possible)
- Graviers : Durée illimitée (curage/renouvellement si colmatage)
Alternatives au puits perdu : Quand choisir autre chose ?
Cas où le puits perdu n’est pas recommandé
- Sol très argileux (K < 10 mm/h) : L’infiltration est trop lente, risque de saturation permanente
- Nappe phréatique proche (< 1 m sous le fond du puits) : Risque de pollution et d’inefficacité
- Terrain rocheux : Coût de terrassement prohibitif
- Parcelle très petite : Impossible de respecter les distances réglementaires
- Zone de captage d’eau potable : Souvent interdit par le PLU
- Pente importante : Risque d’érosion et de déstabilisation
Solutions alternatives selon le contexte
Tranchée d’infiltration :
- Principe : Fossé drainant linéaire (0,5-1 m de large, 1-2 m de profondeur)
- Avantages : Adaptée aux sols peu perméables (surface d’infiltration plus grande), s’intègre facilement au jardin
- Inconvénients : Emprise au sol importante
- Coût : 80-150 €/mètre linéaire
Noue paysagère :
- Principe : Dépression végétalisée qui collecte et infiltre progressivement
- Avantages : Esthétique, favorise la biodiversité, épuration naturelle
- Inconvénients : Nécessite espace conséquent, entretien paysager
- Coût : 60-120 €/m²
- Découvrez notre guide sur les noues de toiture pour en savoir plus
Bassin d’infiltration :
- Principe : Dépression imperméabilisée ou semi-perméable, stockage temporaire
- Avantages : Gère de gros volumes, valorisable (plan d’eau, zone humide)
- Inconvénients : Emprise importante, risque de moustiques
- Coût : 100-200 €/m³ de stockage
Chaussée ou cour drainante :
- Principe : Revêtement perméable (pavés à joints larges, béton poreux, stabilisé)
- Avantages : Double fonction (circulation + infiltration), moderne
- Inconvénients : Coût élevé, entretien spécifique
- Coût : 40-80 €/m²
Cuve de récupération avec rejet différé :
- Principe : Stockage étanche + restitution lente vers infiltration ou réseau
- Avantages : Permet la réutilisation (arrosage, WC), contrôle total du débit
- Inconvénients : Coût élevé, pompe nécessaire, entretien régulier
- Coût : 2 000-5 000 € (installation complète)
- Plus d’infos sur l’installation de récupérateur d’eau de pluie
Systèmes hybrides : La solution optimale
Dans de nombreux cas, combiner plusieurs dispositifs offre la meilleure performance :
- Exemple 1 : Sol peu perméable Cuve de stockage (premier flush) → Tranchée d’infiltration élargie (rejet lent)
- Exemple 2 : Grande surface de toiture Puits perdu principal (gestion courante) + Noue paysagère (trop-plein et gros événements)
- Exemple 3 : Maison avec jardin Récupérateur pour usage domestique → Puits perdu pour surplus → Noue en exutoire final
Les erreurs à éviter absolument
Lors de la conception
Bon à savoir❌ Sous-dimensionner le volume : Le puits déborde lors d’orages courants ✅ Prévoir une marge de 20% minimum et un trop-plein sécurisé
❌ Négliger l’étude de sol : Découvrir trop tard que le sol est imperméable ✅ Réaliser un test Porchet (100-200 € en DIY, 400-800 € par professionnel)
❌ Ignorer le PLU : Travaux non conformes, ordre de remise en état ✅ Consulter systématiquement le service urbanisme avant tout projet
❌ Implanter trop près des fondations : Risque d’infiltration et de désordres structurels ✅ Respecter minimum 5 mètres des bâtiments, plus si sol très perméable
Lors de l’installation
Bon à savoir❌ Oublier le géotextile ou mal le poser : Colmatage en 2-3 ans ✅ Envelopper complètement les graviers avec chevauchements généreux
❌ Utiliser des graviers pollués : Apport de fines, colmatage rapide ✅ Choisir des graviers propres, lavés et de calibre homogène
❌ Pas de pré-filtration : Débris directs dans le puits, entretien très fréquent ✅ Installer au minimum une crapaudine ou un panier décanteur
❌ Fond du puits au contact de la nappe : Inefficacité totale, pollution possible ✅ Garder minimum 1 mètre entre le fond et le niveau de la nappe
❌ Descendre seul dans une fouille profonde : Danger mortel (éboulement) ✅ Respecter les règles de sécurité chantier, étaiement obligatoire > 1,30 m
Pendant l’exploitation
Bon à savoir❌ Aucun entretien pendant 10 ans : Colmatage total, coût de réhabilitation élevé ✅ Inspection annuelle minimum, curage décanteur tous les 6-12 mois
❌ Rejeter n’importe quoi dans le système : Huiles, peintures, produits chimiques ✅ Uniquement eaux pluviales propres, traiter les pollutions accidentelles
❌ Ignorer les signes de dysfonctionnement : Aggravation rapide des problèmes ✅ Intervenir dès les premiers signes de ralentissement ou débordement
Conclusion : Le puits perdu, une solution d’avenir pour la gestion des eaux pluviales
Le puits perdu pour eaux pluviales représente bien plus qu’une simple installation technique : c’est un engagement concret en faveur d’une gestion durable de l’eau. En favorisant l’infiltration naturelle, vous participez activement à la recharge des nappes phréatiques, à la réduction des risques d’inondation et à la préservation du cycle hydrologique local.
Les bénéfices sont multiples : écologiques (préservation de la ressource en eau, limitation du ruissellement), économiques (réduction de la redevance d’assainissement, valorisation immobilière) et réglementaires (anticipation des obligations croissantes de gestion à la parcelle).
Cependant, la réussite de votre projet repose sur trois piliers essentiels :
- Une étude préalable sérieuse : Test de perméabilité, consultation du PLU, dimensionnement adapté
- Une installation dans les règles de l’art : Respect des distances, matériaux de qualité, pré-filtration obligatoire
- Un entretien régulier : Inspection annuelle, curage du décanteur, vigilance aux signes de dysfonctionnement
Face à la complexité technique et réglementaire, faire appel à un professionnel qualifié reste la meilleure garantie de succès. Un terrassier ou une entreprise d’assainissement expérimentée vous apportera l’expertise nécessaire pour éviter les erreurs coûteuses et assurer la longévité de votre installation.
FAQ : Questions fréquentes sur les puits perdus pour eaux pluviales
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Puis-je installer un puit perdu si j'ai un terrain en pente ?
Oui, un terrain en pente ne contre-indique pas l'installation, mais nécessite des précautions spécifiques. Implantez le puit en point bas ou à mi-pente pour faciliter l'écoulement gravitaire. Prévoyez un ancrage de la structure si la pente dépasse 15% pour éviter tout glissement. Une étude géotechnique est fortement recommandée pour vérifier la stabilité du sol et le risque d'érosion. Dans certains cas, une combinaison puit perdu + noue en aval peut être plus pertinente.
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Combien de temps faut-il pour installer un puit perdu ?
Pour une installation professionnelle standard (5 m³, terrain accessible, sol meuble) : 1 à 2 jours ouvrés. En autoconstruction : comptez 3 à 5 jours selon votre expérience (terrassement, pose, remblaiement, raccordements). Les délais s'allongent significativement en cas de sol rocheux (jusqu'à +3 jours), d'accès difficile nécessitant terrassement manuel (× 2-3), ou de profondeur importante (> 3 m). N'oubliez pas d'ajouter le délai administratif d'un mois après la déclaration en mairie avant de pouvoir débuter.
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Un puit perdu peut-il accueillir les eaux de ma descente de garage ?
Oui, mais avec des précautions importantes. Les eaux provenant d'une descente de garage peuvent contenir des hydrocarbures, huiles et résidus de pneus. Il est donc indispensable d'installer un séparateur d'hydrocarbures ou un débourbeur-déshuileur en amont du puit perdu. Ce dispositif (coût : 300-800 €) capte les polluants avant qu'ils n'atteignent le sol. Vérifiez également votre PLU local : certaines communes interdisent l'infiltration des eaux de surfaces polluées et imposent le raccordement au réseau public. L'alternative est une cuve étanche avec pompage régulier.
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Quelle est la différence avec un système de récupération d'eau de pluie classique ?
Un récupérateur d'eau de pluie stocke l'eau dans une cuve étanche (enterrée ou aérienne) pour une réutilisation ultérieure (arrosage, WC, lave-linge). L'eau reste stockée et disponible.
Un puit perdu fait infiltrer directement l'eau dans le sol sans possibilité de récupération. Il ne stocke que temporairement lors d'un événement pluvieux.
Système hybride optimal : Récupérateur en premier (premiers mm de pluie) → Puit perdu pour le surplus. Vous combinez ainsi économie d'eau et gestion écologique des excédents. Cette configuration nécessite un système de dérivation automatique (vanne flotteur ou trop-plein de cuve vers puit perdu). Consultez notre guide sur comment économiser l'eau à la maison pour des solutions complémentaires.
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Est-ce que je risque une amende si je ne déclare pas mon puit perdu ?
Oui. L'absence de déclaration d'un ouvrage de prélèvement ou d'infiltration constitue une infraction au Code de l'environnement. Les sanctions encourues incluent :
- Amende administrative : jusqu'à 1 500 € (3 000 € en cas de récidive)
- Mise en demeure de régulariser ou de remettre en état
- Ordre de comblement de l'ouvrage non conforme aux frais du propriétaire
De plus, en cas de sinistre (infiltration chez le voisin, pollution), votre assurance responsabilité civile pourrait refuser la prise en charge si l'installation n'est pas déclarée. La déclaration (formulaire 13837*03) est gratuite et peut se faire en ligne sur le site de votre mairie. Ne prenez pas ce risque pour un simple formulaire !
Pour aller plus loin :
Sources et références :
- Cerema – Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement et la mobilité
- Service-Public.fr – Déclaration d’ouvrage (formulaire 13837*03)
- Ministère de la Transition Écologique – Guides sur l’assainissement non collectif
- BRGM – Bureau de Recherches Géologiques et Minières
- DTU 64.1 – Normes pour les dispositifs d’assainissement non collectif