Qu’en est-il de l’interdiction du chauffage au gaz en 2021 ?

Interdiction du chauffage gaz 2021

Entérinée par la nouvelle réglementation énergétique RE 2020, l’interdiction du chauffage au gaz dans les constructions neuves prévue en 2021 devrait être appliquée dans le courant de l’année prochaine.

Quelles seront les conséquences de cette nouvelle réglementation sur l’habitat individuel et collectif ? Le chauffage au gaz sera-t-il véritablement banni de tous les logements en 2022 ? Quel public sera concerné ? Existe-t-il des alternatives au chauffage au gaz traditionnel ? Toutes les réponses à vos questions sur l’interdiction future du chauffage au gaz.

Pourquoi interdire le chauffage au gaz ? 

La réglementation RE 2020, à la suite de la RT 2012 a défini de nouveaux objectifs très ambitieux pour les nouvelles constructions et à terme pour l’ensemble du parc immobilier français. Les pouvoirs publics envisagent notamment une réduction d’un tiers des émissions de gaz à effet de serre à l’horizon 2030. Ils ambitionnent par ailleurs une division par 10 de la consommation annuelle de CO2 entre une maison chauffée au gaz (5 tonnes de CO2 par an) et une maison respectant les standards de la RE 2020 (0,5 tonne par an).

Comme son homologue le fioul, le gaz est en effet lui aussi un combustible fossile fabriqué à partir de pétrole qui émet donc une importante quantité de gaz à effet de serre sur l’ensemble de son cycle de vie (production, transport et combustion). Son interdiction vise donc à parvenir à la neutralité carbone, c’est-à-dire à des émissions de gaz à effet de serre limitées aux strictes capacités d’absorption de la planète. 

Si l’utilisation du chauffage au gaz n’est pas proscrite à proprement parler, les seuils d’émission de gaz à effet de serre dans les nouvelles constructions ont été drastiquement revus à la baisse, empêchant de facto son installation et son utilisation. Le seuil maximal a en effet été fixé à seulement 4 kgs de CO2/m²/an pour les maisons individuelles et à 14 kgs de CO2/m²/an pour les appartements (seuil ramené à 6 kgs/m²/an en 2024).

Des limitations qui, selon les professionnels du bâtiment, sont totalement impossibles à atteindre avec un chauffage au gaz traditionnel et qui peuvent s’appliquer seulement dans le cadre d’une maison passive. Le chauffage au gaz à condensation, malgré ses excellentes performances énergétiques, sera lui aussi banni des nouvelles constructions. 

Les bâtiments collectifs seront eux concernés par ces nouveaux standards seulement en 2024. Cette nouvelle réglementation concernera en revanche dans un premier temps uniquement les nouvelles constructions.

Le chauffage au gaz pourra donc pour le moment continuer à être utilisé pour les habitations déjà existantes. Les pouvoirs publics devraient statuer sur son utilisation dans les constructions existantes dans les prochaines années. 

Les raisons du report de l’interdiction en 2022

Initialement prévue pour le 1er janvier 2021, elle entrera en vigueur en juillet 2022 après 2 reports successifs, l’échéance du 1er janvier 2022 ayant également été reportée. Ces reports successifs répondent à la difficulté de faire appliquer des décisions draconiennes dans un laps de temps aussi réduit compte tenu du premier calendrier énoncé. Ces dates correspondent d’ailleurs celles de la mis en en place officiel de la RE 2020.

Les pouvoirs publics ont donc dû accorder du temps supplémentaire pour que les professionnels du BTP puissent se préparer sereinement à ces nouvelles contraintes. Ces reports ont également permis certains aménagements comme notamment la possibilité offerte aux futurs propriétaires de déposer un permis de construire avec chauffage au gaz jusqu’à fin 2023 dans le cas où le permis de construire prévoit une desserte au gaz

Enfin, le gouvernement craint un report massif du chauffage au gaz et au fioul vers le chauffage électrique, une énergie certes plus écologique mais moins efficace pour des grandes surfaces et qui risquerait d’augmenter considérablement la facture énergétique des ménages. Il entend donc instaurer davantage de souplesse pour une transition plus en douceur laissant le temps aux foyers de se tourner vers des alternatives d’avenir.

Quelles alternatives au chauffage gaz ?

Alors que le chauffage au gaz équipe environ 40% des foyers français, les différents équipementiers vont devoir trouver rapidement des solutions alternatives plus écologiques pour répondre aux besoins énergétiques toujours plus nombreux des ménages. 

L’utilisation du gaz restera possible dans le cadre de solutions de chauffage hybrides utilisant un léger apport de gaz en appoint en cas de grand froid. C’est notamment le cas de la pompe à chaleur hybride. 

La pompe à chaleur

La pompe à chaleur permet de puiser de l’énergie directement à partir des ressources naturelles qui est alors transportée jusqu’à un système de chauffage central redistribuant ainsi la chaleur dans tout le logement. Les calories peuvent être issues de l’air (PAC air-air), de l’eau (PAC air-eau) ou du sol et de la terre (PAC géothermique). La PAC réversible peut même permettre de rafraîchir le logement en été. 

Malgré un coût d’installation relativement élevé selon les modèles (avoisinant les 10 000€), la pompe à chaleur permet à terme de réaliser d’importantes économies d’énergie dans un logement bien isolé. Des aides assez importantes peuvent de plus être obtenues pour financer en partie ce type d’équipement.

La production d’énergie issue d’une pompe à chaleur peut néanmoins se révéler insuffisante pour les régions fortement exposées aux températures extrêmes. Elle est à privilégier dans les zones tempérées. Dans ce cas de figure, un chauffage d’appoint pourra être utilisé en complément. 

Le chauffage à bois

Le chauffage au bois est un des grands gagnants de la nouvelle réglementation énergétique. Celle-ci prend en effet en compte l’ensemble du cycle de vie des combustibles utilisés pour le chauffage. Le bois est ainsi un très bon élève d’après ces nouveaux standards de par sa capacité à retenir les gaz à effet de serre tout au long du processus d’acheminement pour ne les délivrer que lors de sa combustion. 

Le bois est également l’énergie la moins chère du marché et permet de réaliser d’importantes économies d’énergie. Les chaudières et poêles à bois, à pellets ou à granulés ont donc de beaux jours devant eux et sont, à l’instar des pompes à chaleur, également fortement subventionnées par les pouvoirs publics.

Ces équipements s’inscrivent notamment plus globalement dans le développement du chauffage biomasse, c’est-à-dire de l’énergie issue de matériaux végétaux organiques de récupération tels que les plantes, les algues marines, les déchets organiques, les rejets d’élevage, les résidus agricoles et forestiers et donc le bois et ses dérivés.

Le chauffage solaire thermique

Mode de chauffage très écologique issu du rayonnement solaire collecté notamment par des panneaux photovoltaïques, il permet d’assurer une bonne partie de la production d’énergie d’une maison où l’ensoleillement est assez conséquent. Il s’agit en revanche d’un équipement assez coûteux à l’installation et donc rentable sur le long terme. Il nécessite par ailleurs un chauffage d’appoint. 

Pour conclure, le gaz, malgré un avenir qui s’annonce sombre, n’a peut-être pas dit son dernier mot et pourrait bien à terme se réinventer. Le biogaz, un gaz beaucoup moins polluant issu de la décomposition des matières premières (compost) pourrait bien à terme se démocratiser, voire même remplacer, dans le futur le gaz de ville issu des énergies fossiles.

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