Rénover son logement pour contrer l’augmentation de l’électricité en 2022

Augmentation de l'électricité en 2022

Le coût de l’énergie pour un ménage est en constante hausse, se plaçant aujourd’hui comme un poste principal de dépense pour un foyer. On remarque désormais une conscience collective de la nécessité d’économiser l’énergie, tant pour son portefeuille que pour la cause environnementale ; le gouvernement, quant à lui, a mis en place des dispositifs pour aider les ménages dans le besoin à payer spécifiquement les factures d’énergie. À son niveau, que peut faire un particulier pour lutter contre l’augmentation des prix de l’électricité pour cette année 2022 ? La rénovation de son logement en est-elle la clé ?

La hausse des prix de l’électricité en 2022

Quelles sont les raisons de cette hausse dans l’UE ?

Aussi bizarre que cela puisse paraître la hausse importante des prix de l’électricité résulte grandement de celui du gaz…

L’ouverture du marché de l’énergie à la concurrence en juillet 2007 pour les particuliers (en 1999 pour les entreprises très consommatrices d’énergie, consommation supérieure à 100 GWh) a nécessité une mise à plat du calcul sur le prix des énergies en Europe. Le prix de l’électricité varie continuellement, il est fonction de la demande d’électricité à un instant T et des moyens de productions (charbon, gaz, nucléaire, renouvelable, …) dont on à besoin pour y répondre. Si les besoins sont importants et que l’on doit recourir aux centrales gaz alors le prix global de l’énergie s’ajustera sur celui du gaz qui flambe actuellement (augmentation de 35%).

La Commission de Régulation de l’Énergie (CRE) établit le tarif réglementé de l’électricité. Ce tarif prend en compte le coût de production de l’énergie nucléaire, les coûts de complément, d’acheminement, de commercialisation, auxquels s’ajoute une marge qui revient au fournisseur. À ce tarif viennent ensuite s’ajouter les taxes qui financent l’entretien des installations électriques, les interventions des gestionnaires de réseaux, la retraite des employés du secteur, entre autres. 

Ces différents éléments ont tendance à évoluer à la hausse, étant donné les besoins pour l’entretien du parc nucléaire français, le coût des salaires de plus en plus élevés, tout comme les matières premières et les coûts de fonctionnement. 

Qui est le responsable : EDF ou l’État ?

Presque 1 tiers du prix que nous payons est constitué de taxes et contributions qui se décomposent comme ceci :

  • La Contribution au service public de l’électricité (CSPE) ;
  • La Taxe sur la consommation finale d’électricité (TCFE) ;
  • La Contribution tarifaire d’acheminement (CTA) ;
  • Et enfin la Taxe sur la valeur ajoutée (TVA).

La CSPE est celle qui a joué le plus grand rôle avec 640% d’augmentation depuis 2004 (stabilisation depuis 4 ans).

Lorsque la CRE propose le tarif réglementé 1 à 2 fois par an, on constate presque toujours une hausse de ce dernier. Le Tarif Réglementé en Vigueur (TRV) est la base de calcul du tarif du fournisseur historique, mais également d’une grande partie de la quarantaine de fournisseurs alternatifs qui présente des prix du kWh indexés sur le TRV. En effet, les offres indexées font partie des meilleures offres disponibles et sont donc majoritairement présentes dans les foyers français, appliquant une remise définie au tarif réglementé.  Ainsi, quand le TRV enregistre une augmentation de l’électricité, c’est la facture de millions de foyers qui augmente également

Pour vous donner une idée depuis 10 ans sur 16 modifications du TRV, il y a eu 14 hausses, et seulement 2 baisses.

Ce constat étant fait il ne faut pas non plus oublier les mauvais choix stratégiques de l’entreprise et donc de l’État, actionnaire majoritaire à 84%. Dernier exemple en date ce dernier a imposé à la société un tarif de revente aux fournisseurs alternatifs (Cdiscount Energie, Total Direct Energie, Enercoop, GreenYellow, Leclerc Energie, …) inférieur à plus de 70% aux prix du marché. Décision qui met la société dans une situation très délicate avec un manque à gagner de l’ordre de 8 milliards d’euros. Cette perte est compensée en partie par l’augmentation des prix de l’électricité pour cette année 2022 qui débute.

Quelle augmentation des prix de l’électricité depuis 10 ans ?

Ci-dessous quelques données chiffrées afin de mesurer l’évolution des prix de l’électricité :

  • Augmentation du prix de l’électricité de 4% TTC en février 2022
  • Déjà en 2021 une augmentation de 3% TTC
  • Depuis 2011 une augmentation de 49% du prix du kWh passant de 0,1168€ à 0,1740 aujourd’hui
  • Le prix de l’abonnement (pour un compteur 6kVA) est passé sur la même période de 82€ à 137€
  • À l’heure d’aujourd’hui l’augmentation du prix aurait été de 35% TTC sans le bouclier tarifaire mis en place par le gouvernement.

À noter qu’à la faveur de ce bouclier tarifaire l’État va s’appauvrir de 4 milliards d’euros.

La tendance aux bâtiments basse consommation

Parce qu’il est clair que le kilowattheure le moins cher est celui qu’on ne consomme pas, les normes de construction des bâtiments neufs sont de plus en plus orientées vers les économies d’énergie. 

Le premier label qui a marqué les esprits est le label BBC, Bâtiment Basse Consommation, qui encourageait l’utilisation de matériaux isolants de qualité, de fenêtres et portes plus hermétiques, et de manière générale de toute technique de construction qui réduit les déperditions d’énergie.

S’en suit celui de “Maison passive”, et désormais le label BEPOS (Bâtiment à Énergie Positive), démocratisé dans la nouvelle réglementation RE 2020, qui sera attribué aux bâtiments qui créent plus d’énergie qu’ils n’en consomment. 

Les travaux de rénovation : un impact fort sur la facture d’énergie

Une habitation qui n’est pas construite selon ces techniques d’économie d’énergie peut être améliorée sur de nombreux points : l’isolation des sols, des murs, des combles ou de la toiture ; les ouvertures sur l’extérieur plus hermétiques comme les fenêtres en PVC, à double vitrage ou les portes isolantes. Chacune de ces améliorations réduit la déperdition de chaleur, et donc d’énergie et constitue une des solutions pour compenser en partie l’augmentation des prix de l’électricité en 2022.

Au-delà de la structure du logement, la qualité et la nature des installations intérieures jouent également un rôle essentiel dans la dépense énergétique : Les radiateurs électriques simples sont remplacés par des radiateurs à inertie ou à accumulation, ou encore des pompes à chaleur qui sont désormais de moins en moins énergivores ; les ballons d’eau chaude électriques sont remplacés par des ballons thermodynamiques ; les éclairages halogènes sont remplacés par des ampoules à LED ; les prises électriques simples s’équipent d’interrupteurs et de programmateurs. 

Les logements peuvent également s’équiper d’appareils de production d’énergie. Si les panneaux solaires sont les plus répandus, on peut désormais s’équiper d’appareils de géothermie, d’éoliennes de jardin ou encore de mini-centrales hydrauliques. 

Si les résultats de ces améliorations n’ont plus à être démontrés, c’est leur coût qui freine la plupart des ménages. Les différents plans d’action menés au cours de ces dernières années en faveur de l’environnement permettent désormais aux particuliers de bénéficier de nombreuses aides, que ce soit par le biais d’un crédit d’impôt, de réductions d’impôts, d’un financement avantageux, d’une aide de la région ou du département, voire même des fournisseurs d’énergie.

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